Stéphanie Sorhouet Co-dirigeante de SOMOCAP, en charge du Développement commercial, Marketing, Communication et RSE ; coprésidente des DCF Pays Basque & Fabrice Sorhouet, Président de SOMOCAP, membre fondateur actif du bureau de Pays Basque Industries
Stéphanie et Fabrice Sorhouet sont diplômés d’une maîtrise Génie des Matériaux obtenue à l’UPPA, formation durant laquelle ils se sont rencontrés. Après un diplôme d’ingénieure - maître à l'UPPA Stéphanie a poursuivi par un diplôme d’ingénieur en Chimie à l’ENSIACET et Fabrice un DESS de spécialisation en élastomère pour Fabrice. Chacun a eu un parcours de salarié avant de codiriger SOMOCAP, une PME spécialisée dans la conception et la fabrication de pièces techniques en caoutchouc et plastique pour le secteur industriel.
Comment avez-vous construit votre itinéraire universitaire ? Quels étaient vos objectifs ?
Fabrice Sorhouet (FS) : Mon parcours s’est construit pas après pas. Après un bac scientifique, j’ai confirmé mon intérêt pour les sciences physiques en choisissant un DEUG Sciences de la matière. Cette formation généraliste m’a ouvert un large champ de possibilités dans cette voie professionnelle.
Le site de Pau offrait l’opportunité de continuer en IUP avec une option Génie des matériaux. Aujourd’hui, ce cursus n’existe plus mais à l’époque, il représentait l’équivalent d’une formation d’école d’ingénieur. Je l’ai choisi pour la qualité de son enseignement et de son apprentissage. J’ai souhaité ensuite me spécialiser en suivant un DESS élastomère à l’IFOCA en région parisienne. C’est à ce moment-là que j’ai affiné mon projet professionnel.
Stéphanie Sorhouet (SS) : J’ai aussi commencé mon parcours par un DEUG Sciences de la matière car j’aimais les sciences et particulièrement la physique-chimie. Ce cursus généraliste m’a emmené vers l’IUP Génie des matériaux. Cette deuxième formation à vocation professionnelle m’a permis d’explorer les différentes formes de matériaux et c’est à ce moment que j’ai décidé de me spécialiser en chimie. J’ai ensuite intégré l’INP-ENSIACET de Toulouse qui formait au métier d’ingénieure, afin d’entrer sur le marché du travail avec un diplôme de niveau bac + 5.
À quel moment avez-vous intégré SOMOCAP ? Et, que vous ont apportées ces années universitaires dans la gestion de votre entreprise ?
SS : La formation IUP (Institut Universitaire Professionnalisé) Génie des matériaux était très bien structurée. Elle nous a appris à appréhender des problématiques et une pluridisciplinarité que nous retrouvons au quotidien.
Après avoir été diplômée Ingénieur en Chimie à l’ENSIACET, j’ai obtenu un premier emploi salarié dans une PME où j’ai apprécié la diversification et la responsabilité des missions d’une entreprise de cette taille. J’y ai occupé des fonctions dans le secteur de la formulation chimique avant d’évoluer vers des missions de marketing et commerciales.
J’ai ensuite travaillé au sein de l’entreprise Arkema en tant que cheffe de marché international.
Pour répondre à des besoins d’évolution professionnelle, de développement de la fonction marketing au sein de SOMOCAP et de rapprochement géographique, j’ai choisi de rejoindre l’entreprise en 2019 comme l’avait fait Fabrice quelques années auparavant.
FS : Mon adolescence a été marquée par la création de l’entreprise SOMOCAP par mon père. Pour autant, je n’ai pas orienté mon parcours d’études sur la nécessité de reprendre l’entreprise familiale, même si c’était une possibilité que j’avais envisagé.
L’IUP (Institut Universitaire Professionnalisé) nous a donné un bagage d’un niveau d’ingénieur comparable à un cursus d’école d’ingénieur et un socle de compétences en gestion de projet, en droit, en finances notamment utiles dans notre activité.
À la fin de mon DESS, j’ai intégré le groupe Ariane à Bordeaux où j’ai travaillé pendant 6 ans sur l’ingénierie des matériaux pour les tuyères de la fusée Ariane et du missile M51. Cette expérience a été très intéressante mais j’ai ressenti le besoin d’évoluer de manière plus personnalisée. Le choix de quitter ce poste a été difficile et a représenté un vrai défi.
J’ai rallié SOMOCAP en tant qu’ingénieur en industrialisation en 2007. Et pris la fonction de président en 2014.
Pouvez-vous nous présenter SOMOCAP ?
SS : L’innovation est au cœur de notre modèle. Et, nous sommes engagés dans une politique RSE depuis de nombreuses années. En 2023, nous avons été précurseurs en réalisant notre premier bilan carbone. Nous sommes attentifs au bien-être et à la qualité de vie de nos salariés.
Notre entreprise est ancrée à son territoire. SOMOCAP s’investit au sein de Pays Basque Industries dont il a été membre fondateur. Nous participons ainsi à la dynamique d’économie circulaire. Nous soutenons aussi le développement d’une filière locale responsable faisant partie du projet Iparla ; une initiative collaborative financée partiellement par l’ADEME Nouvelle-Aquitaine qui a pour objectif la revalorisation des plastiques industriels des PME.
FS : Aujourd’hui, nous poursuivons le développement de SOMOCAP. En septembre 2025, nous avons ouvert un deuxième site à Villefranque afin de doubler notre capacité de production. Notre objectif est d’atteindre les 9M€ de chiffre d’affaires et un effectif de 70 salarié·es.
Quel souvenir avez-vous du campus de l’UPPA ?
SS : Je garde un souvenir agréable de moments partagés avec les autres étudiants. Nous étions une petite promotion ce qui entretenait une proximité et des échanges privilégiés avec nos enseignants. Nous avions d’ailleurs travaillé sur un projet qui avait pour sujet le polypropylène. Ce matériau a un lien direct avec notre production aujourd’hui à SOMOCAP. J’ai aussi gardé un très bon souvenir du directeur de l’IUP, Monsieur Henri Saint Guirons qui nous accompagnait avec son exigence et son cadre. Sa rigueur nous a structuré et nous a aidé à progresser.
FS : C’était un campus à taille humaine avec une vie étudiante qui était douce et conviviale. Nous y avons noué de belles amitiés. Le campus disposait d’un choix important d’infrastructures sportives. C’était une vraie chance de pouvoir en profiter. Nous avons aussi largement bénéficié de sa situation idéale à proximité des Pyrénées.
Un message à l’attention d’un·e étudiant·e de l’UPPA ?
SS : Je leur conseillerai de croire en eux et en la qualité de la formation qu’ils auront choisie. Une grande attention doit être déployée dans la recherche du premier stage, qui souvent conditionne la suite de la carrière professionnelle. Je les encouragerai à ne pas se mettre de freins, à oser changer de régions et/ou d’entreprises pour acquérir de nouvelles expériences et à s’investir aussi pleinement dans le cadre de leurs missions en entreprise.
FS : Aujourd’hui, contrairement à notre époque, les étudiants peuvent avoir l’ambition de s’orienter vers un métier qui les anime, car il y a un grand nombre d’opportunités. Et, grâce à Internet, aux voyages d’études, aux stages, aux différentes passerelles, ils y accèdent beaucoup plus facilement. Ils doivent être conscients de cette chance et l’utiliser pour s’investir à fond dans chacune de leur expérience professionnelle.
Propos recueillis par Séverine Cuesta
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L3 Sciences et Génie des Matériaux
Master Mention Sciences et génie des matériaux
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