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Charlotte Carrier, responsable du mécénat et des partenariats commerciaux au musée du Louvre

Interview

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19/01/2026

Après une licence de sociologie à l’université de Bordeaux, Charlotte Carrier intègre l’école de commerce de Pau et suit le cursus de recherche Rhétoriques des arts (M1-M2) de l’UPPA. Une double compétence – arts et business – qui lui ouvre les portes d’institutions culturelles telles que le Centquatre-Paris, le musée du quai Branly - Jacques Chirac, puis le Louvre où elle occupe la fonction de responsable du mécénat et des partenariats depuis 2020.

Quelles sont les grandes étapes de votre parcours universitaire ?

Originaire de Dax, mon bac en poche, je me suis inscrite en licence de sociologie à Bordeaux. A l’issue de cette formation, je me suis donné une année pour réfléchir à mon orientation. Je suis partie en Australie avec un visa Working Holiday, pour travailler et pratiquer l’anglais, découvrir une autre culture, mieux me connaître… A mon retour, j’ai passé le concours des écoles de commerce et j’ai intégré éklor-education à Pau qui proposait un cursus de deux ans en apprentissage. Après une année de césure, j’avais envie de reprendre mes études mais aussi de me confronter au monde professionnel. Entre les périodes de cours, j’étais alternante à BNP Paribas à Oloron-Sainte-Marie, où j’étais en charge de la gestion des comptes professionnels. En parallèle, j’avais aussi une soif de culture générale. Du coup j’ai regardé les cursus proposés par l’UPPA – il suffisait de traverser la rue pour accéder aux amphis de lettres, d’histoire… – et j’ai été séduite par le master de recherche Rhétoriques des arts. Les horaires de cours étaient conciliables avec le cursus de l’école de commerce, c’était l’occasion de satisfaire ma curiosité pour le cinéma, la peinture, la musique, la littérature, la sculpture… Pendant deux ans (2010-2012), j’ai porté trois casquettes : étudiante en école de commerce, alternante à BNP Paribas et étudiante en Rhétoriques des arts à l’UPPA.


En quoi ce cursus Rhétoriques des arts à l’UPPA a-t-il orienté votre parcours professionnel ?

Ce cursus a été déterminant, finalement très complémentaire de l’école de commerce. L’alternance a été une très belle expérience mais je ne me voyais pas faire une carrière dans la banque. Lorsque BNP Paribas m’a proposé un CDI en fin de cursus, j’ai hésité… Tout le monde me disait que c’était une opportunité qui ne se refusait pas. Pourtant, une petite voix me disait qu’il fallait que je tente autre chose pour m’épanouir. Au sein de la banque, j’ai eu la possibilité d’échanger avec un collaborateur de la Fondation BNP Paribas qui finance entre autres des projets culturels. Il m’a conseillé de me spécialiser dans le mécénat et m’a indiqué les principaux masters recherchés par les entreprises (ESCP, HEC, Science Po et Dauphine). Sans le master Rhétoriques des arts de l’UPPA, j’aurais sûrement eu du mal à intégrer le master Affaires et Projets Culturels Internationaux / Mécénat de Sciences Po Aix. L’UPPA m’a très clairement permis de trouver ma voie professionnelle, les deux formations – arts et business – se sont révélées tout à fait complémentaires.


Quels souvenirs avez-vous de ces deux années sur le campus de l’UPPA ?

Dans ma promo Rhétoriques des arts, nous étions une dizaine en M1 et un peu moins en M2. Un petit groupe, parfait pour débattre, travailler en collectif, se retrouver le soir pour regarder des films. Une vraie bouffée d’oxygène et une vraie stimulation intellectuelle ! J’avais la sensation que chaque cours m’ouvrait des portes, je découvrais des connexions entre les arts et les époques, je rencontrais des gens engagés et passionnés, c’était un puit sans fond de découvertes ! Tout comme mon mémoire de recherche sur la hiérarchie entre les arts et notamment le pop art qui m’a passionnée. A l’issue de cette double formation, je suis allée six mois aux États-Unis pour prendre des cours d’histoire de l’art au MOMA à New York et me confronter aux œuvres étudiées (et aux autres !).


Après votre spécialisation à Sciences Po Aix, comment s’est déroulée votre intégration professionnelle ?

Pendant ma formation, j’ai fait un stage à la Fondation Jean-Luc Lagardère qui octroie des bourses à des jeunes talents dans les métiers de la culture et des médias. J’ai travaillé sur la promotion des bourses et la sélection des dossiers. Et j’ai confirmé mon envie de poursuivre ma carrière dans cette filière. Ensuite, j’ai intégré l’agence Hopening qui accompagne et conseille des acteurs de l’intérêt général, notamment des ONG pour lesquelles elle organise la stratégie de collecte de fonds. J’ai eu l’opportunité, lors de cette expérience professionnelle, de compléter encore ma formation en Fundraising à l’ESSEC. Au bout de quatre ans, j’ai eu envie d’intégrer une structure culturelle, j’ai d’abord travaillé six mois au Centquatre-Paris puis dans la foulée au Musée du Quai Branly - Jacques Chirac comme chargée de mécénat avant de rejoindre le musée du Louvre en 2020 en tant que responsable du mécénat et des partenariats commerciaux.


Deux ou trois mots que vous associez spontanément à l’UPPA ?

La Convivialité, la vie sur le campus crée du lien de façon naturelle, je me suis rapidement sentie intégrée. La stimulation intellectuelle, apportée par les enseignants, les cours, les échanges entre étudiants. Le dynamisme collectif, il se passe toujours quelque chose à la fac – débats, conférences, rencontres – à chacun d’en tirer parti.


Un conseil aux étudiants en début de parcours ?

Je leur conseillerais de saisir les opportunités et de suivre leurs passions. C’est un des atouts de l’université de pouvoir construire son propre parcours, d’ajouter des briques pour se professionnaliser. La filière culture est très spécifique, il faut vraiment se former et peu à peu affiner une spécialisation : médiation, mécénat, diplomatie culturelle, programmation, muséographie… et garder en tête que le diplôme n’est pas une fin, mais un tremplin. Enfin, pour une carrière dans le secteur culturel, la curiosité me semble indispensable et être un véritable boulimique de culture constitue un atout décisif pour se lancer dans cette voie !

Propos recueillis par Florence Elman

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Master Arts, Lettres et Civilisations  

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